Tout ne doit pas forcément aller comme sur des roulettes dès le début. Angelo Vivacqua et Nathalie Oppliger, Drs méd.dent, en savent quelque chose. Début 2020, ils ont repris ensemble un cabinet dentaire à Bâle. Les travaux de rénovation se sont avérés plus importants que prévu et pour couronner le tout, la pandémie de coronavirus est arrivée peu après l’ouverture.
Malgré tout, ils ne regrettent pas leur « idée farfelue » de 2010 : ouvrir ensemble un cabinet. « Je voulais pouvoir prendre des décisions moi-même », explique Nathalie Oppliger. Et Angelo Vivacqua d’acquiescer : « En tant qu’employé, j’ai souvent serré les dents. » Tous deux admettent toutefois qu’ils se reconnaissent désormais en partie dans leurs anciens patrons.
Un médecin-dentiste n’a pas à tout maîtriser lui-même
Mais une chose est sûre également : reprendre un cabinet dentaire nécessite une bonne préparation. Qui a étudié la médecine dentaire n’est pas forcément au fait des questions financières ou juridiques, par exemple. Angelo Vivacqua enjoint donc les jeunes médecins-dentistes à s’entourer d’experts.
Stefan Aregger est l’un d’entre eux. Dans son exposé, ce fiduciaire a expliqué les points à prendre en compte en matière de finances. « Il faut maîtriser les coûts », affirme-t-il. Les patients sont particulièrement importants : sans eux, un cabinet dentaire ne peut tout simplement pas fonctionner.
« Il est très rare qu’un cabinet dentaire doive se déclarer en faillite », précise toutefois Stefan Aregger. Ce qui importe, c’est de faire preuve d’engagement et de bien planifier les choses, en faisant appel, si nécessaire, à des professionnels. « De nos jours, il est certes facile, en théorie, d’élaborer un business plan à l’aide de l’IA. « Mais je ne vous le conseille pas. »
Selon Stefan Aregger, il n’existe pas de forme juridique idéale. Ce qui convient à un cabinet dentaire varie d’un cas à l’autre. Angelo Vivacqua et Nathalie Oppliger ont décidé d’ouvrir un cabinet de groupe. Dans ce type de format, la confiance mutuelle est d’une importance capitale. « Mieux vaut être seul que mal accompagné », résume Angelo Vivacqua.
Rester un employeur attractif
L’ouverture du cabinet ne marque pas la fin des défis à relever. Il est également important qu’une entreprise se positionne bien sur le marché, en tant qu’employeur par exemple. Yannick Blättler, consultant ayant lui-même fondé son entreprise, a apporté de précieux conseils sur ce point, notamment en ce qui concerne la relation avec les jeunes.
« Avoir une équipe jeune, c’est génial », a-t-il déclaré. Mais il y a aussi des défis à relever : beaucoup de jeunes manquent par exemple naturellement d’expérience sur le marché du travail. Il est donc important, pour un employeur, de bien savoir communiquer.
Quel que soit l’âge des salariés, il est essentiel de disposer d’une culture d’entreprise ouverte. « Les gens doivent se sentir en sécurité sur le plan psychologique pour oser aborder certains sujets », explique Yannick Blättler. Il peut s’agir d’une critique, mais aussi d’une information personnelle. Si, par exemple, les salariés font part de leurs projets d’avenir suffisamment tôt et sans crainte, cela facilite considérablement la tâche de l’employeur sur le plan organisationnel.
Par ailleurs, Yannick Blättler invite les entrepreneurs à faire preuve de courage. La devise qu’il a transmise lors de SSO Campus : « Never go, never know. ». Cela signifie : si on n’essaie pas, on ne saura jamais.
« Entre euphorie et panique »
Tous les intervenants ont été unanimes : diriger une entreprise comporte certes des défis, mais le jeu en vaut la chandelle. Yannick Blättler parle de « montagnes russes entre euphorie et panique ». Il referait toutefois sans hésiter le pas de l’indépendance. Angelo Vivacqua et Nathalie Oppliger abondent en sons sens. Et Stefan Aregger de résumer la situation ainsi : « La liberté d’entreprendre est ce qu’il y a de plus beau. »