« S’engager sur ce long chemin fut une décision mûrement réfléchie. » C’est ainsi que Sharon Gyr décrit la carrière qu’elle a menée jusqu’à présent dans la médecine dentaire. La voie « royale » pour devenir médecin-dentiste conduit en principe sur les bancs du gymnase, puis de l’université. Mais Sharon Gyr a un parcours un peu différent : elle a d’abord effectué un apprentissage d’assistante dentaire, puis une maturité professionnelle et une passerelle avant de faire ses études de médecine dentaire. Sans interruption et à temps plein, cela représente encore au minimum sept ans de formation après l’apprentissage. Les médecins-dentistes avec lesquels elle a collaboré en tant qu’AD l’ont toutefois encouragée à continuer de se former.
« L’inconvénient, c’est que ce parcours entraîne un surcroît de travail et de coûts considérable », affirme Sharon Gyr. Il faut de la volonté, de l’endurance et une bonne organisation. Mais ce détour peut en valoir la peine. Sharon Gyr cite plusieurs aspects positifs : après avoir achevé son apprentissage avec succès, elle a eu la possibilité de travailler en tant qu’assistante dentaire durant les vacances scolaires. « Ça m’a permis de continuer à acquérir une expérience précieuse et de payer une partie de mes frais de formation. » En outre, une fois dans son nouveau rôle, elle n’a eu aucun mal à travailler avec les assistantes dentaires : « Je sais exactement ce que j’avais aimé en travaillant avec les médecins-dentistes et ce qui m’avait parfois déplu. » Pour elle, une chose est sûre : « Traiter les patients, c’est toujours un travail d’équipe. » Et d’ajouter que lorsque la collaboration est harmonieuse, c’est beaucoup plus agréable pour les patients. Autre avantage : en tant qu’assistante dentaire, on sait déjà à quoi ressemble le quotidien dans un cabinet dentaire. Les processus, les instruments, les matériaux, tout cela lui était familier avant d’entamer ses études universitaires. Elle relève d’ailleurs les points communs entre la profession d’assistante dentaire et celle de médecin-dentiste. Par exemple, dans les deux cas, la communication avec les patientes et les patients est essentielle, même si le rôle est différent.
Outre son travail de médecin-dentiste à 80 %, Sharon Gyr enseigne à son ancienne école d’assistantes dentaires à Zurich. Et elle s’engage aussi au sein de la SSO. En 2025, elle a pris la direction du département « Procédure de qualification des assistantes et assistants dentaires ». En résumé, il s’agit des critères qu’une assistante dentaire en formation doit remplir pour réussir son apprentissage et de l’élaboration ou la modification de la procédure de qualification. Grâce à sa formation d’assistante dentaire, Sharon Gyr apporte son expérience. « C’est une grande responsabilité : notre objectif est de permettre à la relève de bénéficier d’une procédure de haute qualité, équitable et réalisable de la même manière sur tous les lieux d’examen. »
Sharon Gyr fait aussi partie du groupe travail « Young Dentists » de la SSO. Dans ce cadre, de jeunes médecins-dentistes se rencontrent deux fois par année afin d’échanger sur leurs préoccupations, leurs besoins ainsi que sur la manifestation SSO Campus afin de faire émerger ensemble de nouvelles idées, explique-t-elle.
De manière générale, il lui semble important que « les jeunes médecins-dentistes s’engagent activement pour l’avenir de la profession ». L’engagement des générations précédentes a apporté beaucoup de choses positives, aux jeunes de continuer ce travail ! « Il est de notre responsabilité à tous de faire en sorte que notre profession aille dans la bonne direction. »
Le chemin qu’a emprunté Sharon Gyr n’est pas encore terminé. Cet été, elle entamera une formation postgrade au centre universitaire de médecine dentaire de Bâle UZB afin d’obtenir le titre fédéral de spécialiste en chirurgie orale. « J’ai hâte de relever ce nouveau défi ! »