En 2001, le Surveillant des prix a exigé des médecins-dentistes qu’ils publient leurs prix pour permettre aux patients de faire la différence entre cabinets chers et cabinets bon marché avant même d’avoir consulté un médecin-dentiste. Les discussions entre M. Prix et la Société Suisse d’Odonto-stomatologie SSO ont uniquement fait ressortir ce que tout un chacun savait déjà : il n’est pas possible d’articuler un prix sans connaître l’état de santé et les souhaits du patient.
Le fait de mentionner les prix des prestations ou des actes thérapeutiques ne donne aucune indication sur les coûts de l’ensemble d’un traitement. De telles indications de prix sont non seulement inutiles pour le patient, mais peuvent encore l’induire en erreur. Pour connaître le prix d’un traitement dans son ensemble, il faut commencer par une anamnèse, puis poser un diagnostic avant de pouvoir, d’entente avec le patient, établir un plan de traitement. C’est la procédure qui est toujours suivie lorsqu’un patient demande un devis. Mais pour cela, il est indispensable que le patient et le médecin-dentiste se rencontrent. Contrairement à ce que M. Prix semble penser, un patient n’est pas en mesure d’établir lui-même son propre diagnostic.
Le patient doit être respecté
C’est surtout pour les traitements d’une certaine envergure qu’il est intéressant pour les patients de pouvoir comparer les prix. Et lorsque, exceptionnellement, le patient ne s’adresse pas d’office à son médecin-dentiste traitant, il ne voudra pas uniquement connaître le prix d’un traitement : il voudra également savoir si le cabinet et le médecin-dentiste lui inspirent confiance. Le patient affranchi demandera donc à un ou plusieurs médecins-dentistes d’établir un devis selon la procédure décrite ci-dessus. Le coût complet d’une thérapie dépend bien plus du genre et de l’ampleur du traitement choisi que du coût individuel des prestations.
Tout patient ayant besoin d’un traitement médical ou médico-dentaire a légitimement le droit à ce que son problème de santé soit traité avec tout le sérieux qui s’impose. Ce droit passe avant les questions purement économiques et, contrairement à ce que pense le Surveillant des prix, les patients en sont tout à fait conscients.